L'Union Constitutionnelle organise la 6ème édition du « Master Class » à Casablanca sur le modèle de développement et la communication des jeunes
L'Union Constitutionnelle (UC), en partenariat avec le National Democratic Institute (NDI), a tenu samedi dernier la sixième édition du forum « Master Class » à l'hôtel Ibis de Casablanca. La rencontre a été consacrée à l'examen de deux axes majeurs : « Le Modèle de Développement » et « Le Renforcement des Mécanismes de Communication pour les Jeunes », sous l'encadrement d'Othman El Ferdaous, Secrétaire d'État chargé de l'Investissement, et de Hamza El Rouijae, diplômé des éditions précédentes du Master Class.
1. Le Modèle de Développement (Intervention d'Othman El Ferdaous)
Comparaison des modèles mondiaux et spécificité marocaine
Othman El Ferdaous a souligné que la question du modèle de développement est liée à la relation entre croissance économique et démocratie. Il a identifié deux grands modèles à l'échelle internationale :
Le modèle singapourien (vertical) : Fondé sur une chaîne de commandement stricte allant du sommet de l'État aux responsables locaux (appliqué en Chine, aux Émirats Arabes Unis et en Égypte). En Chine, la sélection des élites s'effectue de manière hiérarchique parmi les 90 millions de membres du Parti Communiste Chinois.
Le modèle démocratique (ou tunisien) : Basé sur la coordination entre dirigeants nommés et élus (présent en Turquie, en Inde et dans d'autres démocraties).
Le modèle marocain : Il se distingue par sa complexité, combinant nomination et élection, ce qui en fait un modèle à la fois institutionnel et démocratique. Malgré les contraintes, il a enregistré une nette amélioration au fil des ans.
Contraintes majeures du modèle marocain
El Ferdaous a détaillé les obstacles physiques, géopolitiques et structurels qui pèsent sur l'économie nationale :
Contraintes structurelles (climat et géopolitique) : La baisse de 35 % des précipitations depuis les années 1950 impacte directement la croissance. De plus, l'absence d'intégration économique au sein du Maghreb et la fermeture des frontières marocco-algériennes engendrent un manque à gagner évalué à près de 100 milliards de dollars (obligeant par exemple des usines à importer des composants d'Europe au lieu du Maroc).
Contraintes linguistiques et institutionnelles : La dualité entre capitale administrative (Rabat) et capitale économique (Casablanca) crée parfois des décalages linguistiques et un manque de convergence entre les élites. Par ailleurs, la faible maîtrise de l'anglais handicape les citoyens à l'international, tandis que l'économie informelle représente encore 80 %, générant opacité et freinant la croissance.
Industrie, régionalisation et capital humain
Cadre juridique et soutien à l'investissement : Le cadre légal traite toute entreprise implantée sur le sol national comme une société marocaine. Le Fonds de Développement Industriel alloue 24 % de ses aides aux PME.
Régionalisation avancée et déconcentration : La régionalisation est un choix stratégique majeur. Le gouvernement met en œuvre la charte de déconcentration pour transférer progressivement les compétences du centre vers les régions.
Infrastructures structurantes : Le développement régional s'appuie sur de grands projets lancés depuis plus de dix ans, tels que le port Tanger Med, le réseau d'autoroutes, le train à grande vitesse (LGV), la mise à niveau des aéroports et les zones industrielles (ex. la zone industrielle de Tanger et le Plan d'Accélération Industrielle à Souss-Massa).