Le Secrétaire d'État chargé de l'Investissement, M. Othman El Ferdaous, a déclaré que le problème de l'emploi au Maroc ne tolère plus aucune surenchère politique ou partisane, tenant tout le monde responsable de la résolution de la question du chômage et de la création d'emplois. Le responsable a regretté la perte de 100 milliards de dollars pour les économies marocaine et algérienne en raison de la fermeture des frontières. Ces propos ont été tenus lors de son discours au Forum régional de l'emploi et de la formation dans la région de l'Oriental, qui s'est tenu ce vendredi au siège de la Wilaya de la région de l'Oriental, en présence du Wali de la région, du président du Conseil régional et de plusieurs responsables locaux.
Dans son intervention, le Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Industrie, de l'Investissement, du Commerce et de l'Économie numérique, chargé de l'Investissement, a abordé deux points fondamentaux. Le premier concerne « le chômage des jeunes, la régionalisation et l'équité spatiale », où M. El Ferdaous a dressé une comparaison entre le Maroc et certains pays arabes. Chiffres à l'appui, la situation du chômage au Maroc (20 %) est meilleure que celle de la Tunisie et de l'Égypte, où le taux de chômage atteint 35 %.
En lien avec l'emploi, le ministre a soulevé la problématique des femmes sur le marché du travail, soulignant la diminution annuelle du nombre de femmes en poste. Il s'est interrogé : « Comment est-il concevable que l'élément féminin surpasse les hommes six fois plus dans les taux de réussite aux lycées et universités, et que l'on constate malgré cela une faible présence des femmes sur le marché du travail ? ». Il a qualifié cette situation de « suicide économique ».
Le ministre a proposé l'allocation de centres de garde pour les enfants (dès la naissance) des femmes fonctionnaires et employées afin de les encourager à poursuivre leur carrière. Il a également appelé à intégrer les femmes brillantes sur le marché du travail « pour remplacer les hommes aux compétences limitées ».
Concernant la jeunesse marocaine, le ministre a appelé à la création d'« auto-entreprises » avec des conditions bancaires non rédhibitoires, ainsi qu'à la recherche de solutions pour offrir des emplois, loin des surenchères politiques et partisanes.
Dans la seconde partie de son intervention, le ministre a prédit une relance du marché de l'emploi dans la région de l'Oriental dès l'achèvement du port « Nador West Med » en 2021. Il a comparé le rôle futur de ce port à celui de Tanger actuellement, soulignant les emplois qu'il offrira à la main-d'œuvre issue de différentes villes marocaines.
En passant en revue la situation économique difficile de la région de l'Oriental et le taux de chômage élevé parmi ses jeunes diplômés, le ministre a affirmé que la fermeture des frontières marocaines avec l'Algérie voisine a privé les habitants de la région de nombreuses opportunités. Il a cité des chiffres de la Banque mondiale indiquant que la fermeture des frontières entre le Maroc et l'Algérie prive les économies des deux pays de 100 milliards de dollars de Produit Intérieur Brut (PIB).
Le ministre a refusé de perpétuer la logique coloniale française du « Maroc utile et Maroc inutile », considérant que la région de l'Oriental regorge d'atouts agricoles, touristiques et en énergies renouvelables. En intensifiant les efforts entre le gouvernement et les responsables locaux, a déclaré le ministre, « la région pourra obtenir sa juste part d'emploi et d'investissement ».