Après que le dossier du Sahara marocain a connu une évolution majeure dans la définition des contours de la solution, qui se traduit par la mise en œuvre de l'initiative d'autonomie, et après la reconnaissance par de grandes puissances de la marocanité du Sahara ainsi que leur soutien à l'autonomie, De Mistura, Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies, a choisi une autre voie totalement éloignée de la solution. Il a mené des consultations avec des pays hostiles au Maroc et soutenant le mouvement séparatiste du Front Polisario.
Cette voie empruntée par De Mistura a compliqué sa mission et l'a déviée de la trajectoire vers une solution politique validée par des membres permanents du Conseil de sécurité et d'autres pays concernés tels que les États-Unis, l'Allemagne, l'Espagne et la France. Il était pourtant censé concentrer les négociations sur la mise en œuvre de l'autonomie en tant que plan unisien pour mettre fin au conflit. Malheureusement, l'Envoyé de l'ONU s'est contenté de présenter des briefings informatifs sur les événements sans proposer de solutions politiques réalistes et pratiques. La nature des briefings de M. De Mistura demeure de simples procédures ordinaires, routinières et encadrées juridiquement selon les sessions du Conseil de sécurité, qu'il définit désormais par un rapport traitant de l'état des négociations qu'il parraine, des progrès accomplis, des nouvelles sur l'application de la résolution 2703, ainsi que de son évaluation des missions de la MINURSO et des difficultés auxquelles la mission fait face en raison du comportement du Front Polisario qui viole chaque jour l'accord de cessez-le-feu.
De même, Alexander Ivanko, Représentant spécial des Nations Unies et chef de la MINURSO, a présenté son briefing qui a résumé les développements de la situation sur le terrain liés aux prérogatives de la mission onusienne. Il a énuméré les obstacles et les défis auxquels la mission fait face de la part du Front Polisario dans l'accomplissement de sa tâche de surveillance de l'accord de cessez-le-feu conclu en 1991 sous l'égide de l'ONU. Ce rapport de la mission est ainsi devenu plus important que celui de De Mistura. Il semble que l'Envoyé de l'ONU se soit retrouvé face à une réalité qui le dépasse largement, n'ayant pas réussi à reprendre les négociations depuis leur interruption en 2019. La question qui se pose demeure : après le règlement définitif, pratique et réaliste de la question du Sahara marocain, que reste-t-il à l'ONU à apporter comme solutions ?
Hassan Abyaba, ancien ministre et professeur de l'enseignement supérieur